23 Oct 2026
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La Commission économique pour l'Afrique attribue à cette seule branche de la transformation plus de 180 000 emplois directs et indirects — DR

Cameroun : La pêche pèse 573 milliards FCFA

Le long du littoral camerounais, de Kribi à Limbé, la mer ne fournit...

Le long du littoral camerounais, de Kribi à Limbé, la mer ne fournit pas seulement le repas quotidien de millions de foyers. Elle abrite une véritable force économique dont l'impact réel est souvent sous-estimé. Une récente analyse de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique vient jeter une lumière crue sur le potentiel gigantesque des eaux nationales. Selon l'institution internationale, les activités de transformation et de conservation des poissons, crustacés et mollusques génèrent une valeur ajoutée spectaculaire estimée à 573,4 milliards FCFA.

Ce chiffre étourdissant démontre que la richesse de la pêche ne s'arrête pas au simple coup de filet. La véritable magie économique s'opère sur la terre ferme, là où le poisson frais est séché, fumé, salé, congelé ou mis en conserve. C'est dans ce maillon de la chaîne, souvent porté par des méthodes artisanales et une énergie formidable, que la valeur du produit se multiplie. En transformant les ressources halieutiques, le Cameroun transforme des ressources naturelles brutes en un pilier solide de son produit intérieur brut.

Au-delà de cette contribution financière majeure, cette filière représente un gigantesque amortisseur social. La Commission économique pour l'Afrique attribue à cette seule branche de la transformation plus de 180 000 emplois directs et indirects. Cela signifie que la valorisation des produits de la pêche concentre à elle seule 60,44 % de l'ensemble des emplois bleus recensés dans le pays. Derrière cette donnée statistique impressionnante se cachent des milliers de femmes fumeuses de poisson, de mareyeurs, de techniciens du froid et de commerçants dont les familles vivent exclusivement de cette activité.

Pourtant, malgré ces 573,4 milliards FCFA de valeur ajoutée, le secteur de la pêche au Cameroun évolue encore trop souvent dans l'ombre et affronte des défis structurels colossaux. Le manque d'infrastructures de conservation modernes, les difficultés d'accès à l'électricité, la concurrence des importations massives et les pertes après la capture entravent le plein épanouissement de cette économie maritime. Si des milliers de travailleurs réussissent à créer une telle richesse avec des moyens parfois précaires, les perspectives d'essor deviennent immenses si des investissements ciblés viennent moderniser la chaîne de froid et les ateliers de transformation.

L'enjeu pour les autorités camerounaises est désormais limpide. Il ne s'agit plus de considérer la pêche artisanale et la transformation locale comme des activités de subsistance, mais bien comme un moteur industriel à fort potentiel d'exportation et de création de valeur. En structurant davantage la filière, en facilitant l'accès au crédit pour les acteurs locaux et en protégeant les côtes contre la pêche illégale, le Cameroun peut sécuriser sa souveraineté alimentaire tout en consolidant les 180 000 emplois qui font vivre son littoral. La mer camerounaise regorge de promesses, et les chiffres prouvent qu'il est temps de lui donner la place qu'elle mérite dans la stratégie de développement de la nation.

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