25 Sep 2026
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Trois bombes à retardement menacent l’économie mondiale — DR

Climat, dette, guerres : Le monde au bord du précipice ?

Le monde change de terrain de jeu. Depuis 2024, la hiérarchie des risques mondiaux s’est déplacée. Aux crises climatiques et financières s’ajoutent désormais les tensions géopolitiques...

Le monde change de terrain de jeu. Depuis 2024, la hiérarchie des risques mondiaux s’est déplacée. Aux crises climatiques et financières s’ajoutent désormais les tensions géopolitiques, les guerres, l’endettement et les bouleversements liés à l’intelligence artificielle. Le rapport 2026 des Nations unies met surtout en évidence un paradoxe : les menaces se multiplient alors que les moyens financiers et institutionnels pour y répondre restent sous pression. Le changement climatique reste l’un des principaux points de tension. Sécheresses, inondations, événements météorologiques extrêmes et dégradation des écosystèmes imposent des coûts croissants aux économies. Mais derrière l’urgence climatique se cache une autre bataille. Celle du financement. Le problème n’est plus seulement de savoir quoi faire, mais qui va payer. Pour les pays en développement, l’équation est particulièrement délicate. Leur capacité à investir dans les infrastructures, l’adaptation climatique ou les services publics est freinée par une marge budgétaire réduite, une dette élevée et un accès plus coûteux aux financements internationaux. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) souligne ainsi que les flux financiers internationaux consacrés à l’adaptation climatique dans les pays en développement restent très inférieurs aux besoins. A cette contrainte financière s’ajoute la géopolitique. Les conflits et la fragmentation des relations internationales compliquent les décisions collectives et peuvent perturber les échanges, les investissements et les flux de capitaux. L’OCDE estime notamment qu’une montée des tensions géopolitiques peut réduire les investissements transfrontaliers entre pays concernés.

La guerre revient ainsi au cœur du risque économique. Les tensions au Moyen-Orient illustrent cette nouvelle donne. Pour le Fonds monétaire international (FMI), les conflits peuvent alimenter les prix de l’énergie, raviver les pressions inflationnistes et durcir les conditions financières mondiales. Les économies émergentes et en développement, particulièrement lorsqu’elles dépendent des importations énergétiques, sont exposées à ces chocs.


La dette constitue l’autre face du problème. Lorsque les taux et les coûts de financement augmentent, les États disposent de moins d’espace pour financer leurs politiques publiques. Les pays déjà fortement endettés se retrouvent alors confrontés à un double impératif. Celui de continuer à investir tout en contenant la charge de leur dette. Et puis il y a l’intelligence artificielle. Encore absente du premier plan de la cartographie des risques il y a quelques années, elle s’impose aujourd’hui dans les débats sur la transformation économique, les marchés financiers, la cybersécurité et les équilibres géopolitiques.


Comme quoi, les risques ne s’additionnent plus, ils s’entremêlent.

Pour les économies africaines, l’enjeu est considérable. Le continent doit financer son développement, renforcer ses infrastructures et répondre aux effets du changement climatique tout en évoluant dans un environnement international marqué par des tensions commerciales, financières et géopolitiques. La question centrale n’est donc plus celle de la croissance. Elle est devenue celle de la résilience : comment continuer à investir lorsque les crises se multiplient et que les ressources disponibles se raréfient ? Cette année, le risque mondial a changé de visage. Il ne vient pas d’une seule crise. Il naît de leur combinaison.

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