22 Sep 2026
ACTUALITÉ
Le groupe chinois Zangge Mining veut prendre le contrôle d’un important projet de potasse au Congo — DR

Congo : Les Chinois misent 98 milliards FCFA dans la potasse

Le chinois Zangge Mining veut prendre pied dans l’un des projets de potasse les plus prometteurs du Congo. Le groupe coté à Shenzhen prévoit, avec son compatriote Yuntu Holdings, de mobiliser 171,1 millions de dollars, soit près de 98 milliards de francs CFA, pour acquérir 92 % de Kanga Potash.

L’opération doit passer par une société commune établie à Singapour, Zangge United Resources. Zangge Mining en détiendrait 75 %, contre 25 % pour Yuntu Holdings. Une fois la transaction bouclée, les deux groupes contrôleraient indirectement 92 % de Kanga Potash, le solde restant entre les mains d’un actionnaire existant. Derrière cette offensive chinoise, un actif stratégique : le projet Kanga, situé dans le département du Kouilou, à une trentaine de kilomètres au nord de Pointe-Noire. Son permis minier couvre 321 km² et court jusqu’en 2047. Sa proximité avec le port en eau profonde de Pointe-Noire constitue un avantage pour l’acheminement des équipements et, à terme, l’exportation de la production. Le sous-sol attire surtout par son potentiel. Une estimation réalisée en 2018 selon le standard NI 43-101 fait état de 810 millions de tonnes de ressources mesurées, auxquelles s’ajoutent près de 1,2 milliard de tonnes de ressources présumées. Soit un potentiel géologique proche de 2 milliards de tonnes.


Le projet prévoit une première capacité de production de 600 000 tonnes de chlorure de potassium par an. Celle-ci pourrait ensuite grimper à 2,4 millions de tonnes annuelles, pour une durée d’exploitation envisagée d’environ trente ans. Pour Zangge Mining, l’enjeu dépasse donc la simple prise de participation. Le groupe entend piloter le développement de Kanga, accélérer les travaux préparatoires et engager les démarches nécessaires à la construction de la mine. L’opération doit toutefois encore obtenir plusieurs autorisations, notamment des autorités congolaises et chinoises. Le projet n’est pas nouveau. En août 2023, Brazzaville avait signé avec Kanga Potash une convention d’exploitation de 25 ans renouvelable. Le gouvernement congolais avait alors annoncé un investissement de 555 millions de dollars pour la première phase, infrastructures comprises, avec une capacité initiale de 600 000 tonnes par an.


Pour le Congo, l’enjeu est également celui de la diversification d’une économie encore fortement dépendante des hydrocarbures. La potasse, utilisée notamment dans la fabrication d’engrais, doit permettre au pays de renforcer son positionnement dans les industries minières et agricoles. Avec Kanga, les groupes chinois voient, eux, une occasion de sécuriser leur accès à une ressource stratégique. Et le Congo pourrait bien devenir un nouveau point d’ancrage de leur offensive dans les minerais africains.

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