Côte d’Ivoire : Les dix machines à cash de l’économie
Il y a celles que les Ivoiriens croisent chaque jour à la station-service, dans les supermarchés ou sur leur téléphone. Et puis celles qui travaillent dans l’ombre...
Il y a celles que les Ivoiriens croisent chaque jour à la station-service, dans les supermarchés ou sur leur téléphone. Et puis celles qui travaillent dans l’ombre, au cœur des chaînes d’approvisionnement, de l’énergie, du cacao ou des mines. Toutes ont un point commun : leur poids dans l’économie ivoirienne se compte en centaines de milliards de francs CFA. En 2025, les dix premières entreprises du pays ont ainsi cumulé plus de 7 500 milliards de FCFA de chiffre d’affaires, selon les données compilées par Sika Finance. Sans surprise, les hydrocarbures occupent une place centrale dans ce paysage. La Société ivoirienne de raffinage (SIR) figure parmi les poids lourds du classement. L’entreprise publique, qui assure une grande partie de l’activité de raffinage du pays, bénéficie du dynamisme de la consommation énergétique ivoirienne. Le secteur pétrolier et gazier connaît par ailleurs une nouvelle phase d'expansion. Le développement du gisement Baleine, exploité par le consortium Eni-Petroci-Vitol, doit encore renforcer le rôle des hydrocarbures dans l’économie nationale. En mai 2026, la Côte d’Ivoire a annoncé la décision finale d’investissement de 4 milliards de dollars pour la troisième phase du projet.
Autre pilier du classement : le cacao. Premier producteur mondial de fèves, la Côte d’Ivoire concentre autour de cette filière un écosystème industriel et commercial qui brasse des volumes considérables. Cargill, Olam et plusieurs autres opérateurs figurent parmi les grandes entreprises du secteur. Les données publiées par l’administration ivoirienne montrent notamment le poids de Cargill West Africa, de la Société africaine de cacao (SACO) et d’Olam Cocoa Processing Côte d’Ivoire, dont les chiffres d’affaires se comptent chacun en centaines de milliards de FCFA.
La transformation locale devient ainsi un enjeu majeur : au-delà de la production agricole, Abidjan cherche à capter davantage de valeur ajoutée sur son territoire.
Le classement ne se limite toutefois pas aux matières premières. Les télécommunications, la distribution et les jeux de hasard complètent ce tableau des grands acteurs de l’économie ivoirienne. Avec plusieurs millions de consommateurs, les opérateurs télécoms bénéficient d’un marché porté par la progression de l’internet mobile et des services numériques. Dans la distribution, les grands groupes profitent quant à eux de l’urbanisation et de l’augmentation des besoins de consommation, particulièrement dans le district d’Abidjan. La Loterie nationale de Côte d’Ivoire (LONACI) s’inscrit également dans ce cercle des entreprises à très forte activité. Les entreprises publiques ivoiriennes ont, de leur côté, réalisé en 2025 un chiffre d’affaires cumulé provisoire de 4 728,3 milliards de FCFA, en hausse de 1,2 % sur un an.
Ce palmarès raconte finalement une histoire assez fidèle de l’économie ivoirienne : une puissance industrielle encore largement structurée autour de l’énergie et des matières premières, mais dont les relais de croissance se diversifient progressivement. Raffinage, pétrole et gaz, cacao, télécommunications, distribution, mines : les secteurs représentés par ces dix mastodontes dessinent les principales artères de l’économie ivoirienne. Avec plus de 7 500 milliards de FCFA de revenus cumulés en 2025, ces entreprises ne sont pas seulement les plus importantes par leur taille. Elles donnent aussi une idée de l’échelle à laquelle se joue désormais la bataille pour la création de valeur en Côte d’Ivoire.