Economie rurale : La BID injecte 27 milliards FCFA au Cameroun
Le Cameroun veut donner un nouvel élan à son économie rurale. Le gouvernement a signé, le 14 septembre 2026 à Yaoundé, plusieurs accords de financement avec la Banque islamique de développement (BID) pour un montant de 41,9 millions d’euros, soit environ 27,4 milliards de francs CFA.
L’enveloppe est destinée au Projet de développement rural intégré du Dja (PDRI-Dja), un programme qui entend renforcer les activités agro-pastorales dans les régions de l’Est et du Sud. Au cœur du dispositif : les chaînes de valeur du plantain, du manioc, du maïs, de la pêche et de l’aviculture. L’ambition ne se limite pas à accroître la production. Le programme doit également intervenir dans la transformation et la commercialisation des produits agricoles, avec une attention particulière portée aux jeunes agriculteurs, auxquels sont prévus un accompagnement technique et un accès facilité aux intrants.
Le PDRI-Dja s’inscrit dans un programme plus large d’aménagement et de développement intégré de la boucle minière du Dja et des zones frontalières adjacentes. À terme, environ 250 000 personnes devraient bénéficier de ses différentes composantes. Les infrastructures constituent l’un des principaux volets du projet. Quelque 420 hectares de terres agricoles doivent être aménagés, tandis qu’environ 300 kilomètres de routes rurales sont appelés à être réhabilités. Le programme prévoit également la construction ou la remise en état de points d’eau, d’écoles et de centres de santé. Les femmes et les jeunes en situation de vulnérabilité figurent parmi les publics ciblés. Pour Yaoundé, l'enjeu est de renforcer les capacités productives de ces territoires tout en améliorant leur connexion aux marchés.
La signature de septembre ne marque toutefois pas le début du processus. La demande d’appui adressée à la BID remonte au 6 juin 2022. Après plusieurs études techniques et financières, le conseil d’administration de l’institution avait donné son accord de principe, le 7 février 2024, pour une enveloppe de 41,92 millions d’euros. Le dispositif a ensuite franchi une nouvelle étape avec un décret présidentiel signé le 30 juillet 2026, autorisant le ministre camerounais de l’Économie à conclure trois accords avec la BID. La cérémonie organisée à Yaoundé vient donc formaliser un financement déjà approuvé, plutôt que créer une nouvelle enveloppe de 42 millions d’euros. A cette contribution de la BID s’ajoute une contrepartie camerounaise de 4,5 millions d’euros, soit près de 3 milliards de francs CFA. Le coût total de ce volet du programme atteint ainsi environ 46,4 millions d’euros, soit quelque 30,5 milliards de francs CFA.
Au-delà des montants annoncés, l’enjeu sera désormais de transformer ces financements en réalisations concrètes sur le terrain. Dans les zones rurales de l’Est et du Sud, la réhabilitation des routes, l’accès à l’eau et aux services sociaux ainsi que la structuration des filières agricoles doivent permettre de réduire certains des obstacles qui freinent la production et la commercialisation. Pour le Cameroun, ce nouveau financement illustre aussi la place de la BID dans le financement de ses projets de développement. Mais entre l’annonce d’une enveloppe, les décaissements et l’exécution effective des projets, plusieurs étapes restent à franchir. Le PDRI-Dja devra donc désormais passer de la phase contractuelle à celle de la mise en œuvre, avec un objectif affiché : faire du développement des territoires ruraux un levier supplémentaire de croissance et d’inclusion économique.