Filière Cacao : Le Gouvernement ivoirien réorganise le calendrier pour contrer la crise
Face à une crise sans précédent qui secoue l’« or brun » depuis novembre 2025, l’État ivoirien passe à l’offensive. Le Conseil du Café-Cacao (CCC) a confirmé, ce vendredi 27 février 2026, un réaménagement majeur des campagnes de commercialisation pour fluidifier un marché totalement engorgé.
La mesure phare réside dans le décalage des dates clés du cycle cacaoyer. L’objectif est clair : accélérer l'écoulement des stocks et redonner du souffle aux exportateurs.Pourquoi une telle urgence ?
Depuis fin 2025, la filière traverse une zone de fortes turbulences. Malgré un prix garanti ambitieux fixé à 2 800 FCFA/kg, le secteur s’est heurté à deux obstacles majeurs, l'effondrement des cours mondiaux, Une volatilité qui a freiné les ardeurs des acheteurs internationaux. et l'asphyxie logistique : L’accumulation de stocks invendus a forcé de nombreuses multinationales et exportateurs locaux à suspendre leurs achats, laissant les planteurs dans l'incertitude.
« Cette réorganisation est une bouffée d'oxygène. Elle doit permettre de relancer l'appareil industriel et d'assurer que les fèves ne pourrissent pas dans les campements », explique une source proche du dossier.
Un enjeu social et économique vital
En Côte d'Ivoire, le cacao n'est pas qu'une simple commodité ; c'est le poumon de l'économie. Avec 1,2 million de producteurs et près de 8 millions de personnes dépendantes de cette ressource, la paralysie du secteur menaçait l'équilibre social du pays.
L'avancement de la campagne intermédiaire au 1er mars vise à provoquer une reprise immédiate des flux financiers. Pour les planteurs, qui peinaient à écouler leur récolte depuis des mois, cette mesure devrait permettre une vente totale de leur production en seulement quelques semaines.
Le défi de la souveraineté face au marché mondial
Bien que la Côte d'Ivoire conserve son rang de premier producteur et broyeur mondial, elle reste tributaire des décisions prises sur les places boursières de Londres et New York. Ce réajustement technique, bien que contraignant, illustre la volonté du gouvernement de protéger son modèle de stabilisation et d'éviter un effondrement durable du revenu des ménages ruraux.