26 Aug 2026
ACTUALITÉ
La BAD veut faire les comptes d’un prêt de 55,5 milliards de FCFA destiné aux jeunesDR

Gabon : La BAD passe au crible son jackpot de 55,5 milliards

La Banque africaine de développement (BAD) remet sur la table un financement vieux de près d’une décennie. L’institution panafricaine veut examiner l’utilisation des 55,5 milliards de francs CFA accordés au Gabon pour renforcer l’employabilité des jeunes et améliorer la protection sociale.

Approuvé en décembre 2016, ce prêt de 84,63 millions d’euros, soit environ 55,5 milliards de francs CFA, devait financer un vaste programme consacré à l’emploi et à la formation professionnelle. Le projet visait notamment à développer l’enseignement technique, diversifier l’offre de formation, améliorer la qualité des filières et renforcer la gouvernance du secteur.


Près de dix ans plus tard, la BAD entend désormais passer au crible la manière dont cette enveloppe a été utilisée. L’enjeu dépasse le simple contrôle comptable : il s’agit de mesurer les résultats obtenus sur le terrain, notamment en matière de formation, d’insertion professionnelle et d’amélioration de la protection sociale. A l’époque, l’institution avait identifié plusieurs faiblesses structurelles du système gabonais. Le taux de scolarisation dans l’enseignement technique et professionnel était notamment jugé faible, tandis qu’une large proportion des diplômés ne trouvait pas d’emploi correspondant à sa formation. L’accès au financement constituait également un frein pour les jeunes porteurs de projets. Le contrôle intervient dans un contexte où la question de l’emploi des jeunes demeure au cœur des priorités de Libreville. Dans son discours sur l’état de la Nation en juin 2026, le président gabonais a rappelé l’ampleur du défi, évoquant un taux de chômage des jeunes de 35 % avant la période de transition. Il a également fait état de près de 22 000 emplois créés dans le secteur privé depuis le début de la transition et de 5 566 insertions réalisées par le Pôle national de promotion de l’emploi, dont 1 697 embauches directes.


Le gouvernement mise désormais sur plusieurs dispositifs pour accélérer l’insertion des jeunes, parmi lesquels la plateforme PassEmploi241, la formation dans les secteurs porteurs et les mécanismes d’accompagnement à l’entrepreneuriat. La Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat du Gabon (BCEG) a, de son côté, déjà mobilisé 17,1 milliards de francs CFA pour des projets dédiés à la jeunesse sur les 25 milliards mis à disposition depuis son lancement en décembre 2024. Dans ce paysage, l’examen des 55,5 milliards de la BAD revêt une portée particulière. Il doit permettre de déterminer si les ambitions affichées au moment de l’octroi du prêt ont effectivement été traduites en formations, en compétences et surtout en emplois. Le dossier illustre aussi une difficulté récurrente des politiques publiques en Afrique : mobiliser des financements importants ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir démontrer leur impact, assurer leur traçabilité et mesurer les résultats obtenus pour les populations ciblées. Pour le Gabon, le passage au crible de cette enveloppe pourrait servir de test grandeur nature de l’efficacité des politiques consacrées à l’employabilité des jeunes, alors que Libreville affiche l’ambition de faire de l’emploi et de l’entrepreneuriat des leviers de transformation économique.




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