Gabon : La Banque mondiale jette 85 milliards FCFA dans l’eau
Un nouveau chantier pour les services essentiels du Gabon s’ouvre. Le gouvernement a approuvé le 18 septembre 2026 un emprunt de 85,08 milliards de FCFA auprès de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), filiale de la Banque mondiale
Un nouveau chantier pour les services essentiels du Gabon s’ouvre. Le gouvernement a approuvé le 18 septembre 2026 un emprunt de 85,08 milliards de FCFA auprès de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), filiale de la Banque mondiale. Objectif : améliorer l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’électricité en redressant les performances de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Le financement, équivalent à 129,7 millions d’euros, s’inscrit dans le cadre du Projet d’accès aux services de base et d’amélioration des performances (PASBAP). Il doit notamment cibler le Grand Libreville, mais aussi certaines zones périurbaines et rurales. Au-delà des infrastructures, le pays veut s’attaquer aux performances de la compagnie publique. Le programme prévoit ainsi d’améliorer ses performances techniques, commerciales et financières, tout en renforçant le cadre institutionnel et réglementaire des secteurs de l’eau et de l’électricité.
Le chantier intervient alors que la situation financière du secteur électrique reste fragile. Selon le Pacte national de l’énergie du Gabon, le taux global de recouvrement des factures était estimé à 60,5 %, tandis que le rendement de facturation de l’électricité atteignait 71,9 %. Le document souligne également l’écart important entre les coûts de production selon les centrales. La réforme de la SEEG figure ainsi parmi les leviers du gouvernement. Une réorganisation de la société prévoit notamment une réduction du nombre de directions, de 54 à 16, ainsi qu’une séparation des activités liées à l’électricité et à l’eau potable. Signé le 26 août 2026, le financement de la Banque mondiale est accordé pour une durée de vingt ans, avec un différé de remboursement de cinq ans. Le taux variable est estimé à 4,79 %. Le remboursement s’effectuera ensuite en trente échéances semestrielles.
Pour les autorités gabonaises, l'enjeu dépasse donc la modernisation des réseaux. Il s'agit aussi de rendre plus performants des services publics essentiels, alors que la demande en eau et en électricité continue de peser sur les infrastructures existantes. Avec ce nouveau financement, le Gabon entend ainsi transformer une partie de ses difficultés dans les services de base en chantier de réforme. Reste désormais à mesurer l’impact concret du programme sur la qualité et la continuité des services fournis aux populations.