Guerre commerciale : Le Canada riposte face à la surtaxe américaine de 50 %
Ottawa. Les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis franchissent un seuil critique. À la suite de l'échec des négociations bilatérales, Washington applique une surtaxe douanière de 50 % sur une sélection de produits canadiens, représentant environ 28 milliards de dollars canadiens d'exportations.
Cette offensive a immédiatement provoqué une secousse sur les marchés financiers, marquée par une baisse de 0,6 % du dollar canadien face à la devise américaine. En réaction, le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé une riposte ciblée et équivalente, promettant une réponse stricte de dollar pour dollar afin de protéger les intérêts économiques du pays.
À compter du 8 septembre 2026, Ottawa appliquera à son tour des droits de douane renforcés sur des biens d'importation américains stratégiques, notamment dans les filières de l'acier, des produits laitiers, de l'électronique, de l'électroménager et du matériel agricole. En fixant cette échéance de deux semaines, le gouvernement fédéral cherche à frapper des secteurs économiques sensibles aux États-Unis tout en ménageant un ultime délai pour une reprise d'un dialogue constructif, bien que la diplomatie américaine rejette pour l'heure l'idée d'un retour immédiat à la table des négociations.
Cette stratégie de réciprocité tarifaire s'accompagne d'un vaste plan d'urgence destiné à soutenir le tissu entrepreneurial et la main-d'œuvre locale. Les nouvelles mesures annoncées viendront compléter l'enveloppe de 25 milliards de dollars canadiens déjà mobilisée depuis dix-huit mois pour amortir l'impact du conflit commercial. L'arsenal étatique s'appuie en particulier sur le Fonds de réponse stratégique, doté de 5 milliards de dollars pour accompagner les entreprises touchées par les barrières douanières. À cela s'ajoutent 1 milliard de dollars sur trois ans réservés aux petites et moyennes entreprises via l'Initiative régionale de réponse tarifaire, 500 millions de dollars destinés à contenir les surcoûts logistiques au sein des chaînes d'approvisionnement et 150 millions de dollars alloués aux acteurs agroalimentaires.
Face à une dépendance historique envers le marché américain, qui absorbe encore 75 % des exportations nationales, la crise contraint l'ensemble des provinces canadiennes à accélérer l'intégration de leur marché intérieur. Pour lever les freins réglementaires dont le coût sur les biens et services est estimé entre 7,8 % et 14,5 %, neuf provinces ont déjà entamé l'élimination des barrières sur le commerce interprovincial d'alcool. La Colombie-Britannique mise activement sur ce levier pour réduire son exposition extérieure, tandis que le Québec engage près de 500 milliards de dollars dans de grands projets d'infrastructures destinés à faciliter la diversification des marchés d'exportation. Malgré des nuances d'approche entre l'Ontario, partisane d'une ferme préférence nationale, et l'Alberta, plus vigilante sur le coût des équipements importés, l'ensemble de la fédération réorganise ses priorités économiques en attendant le verdict de l'entrée en vigueur des contre-mesures.