5 Aug 2026
ENQUÊTE
Yopougon se drape des couleurs nationales.DR

Indépendance à Yopougon : Le jackpot des vendeurs de drapeaux et gadgets

Au fur à mesure que le 7 août approche, Abidjan change de visage. La ville se couvre peu à peu des couleurs nationales, un peu comme si chaque rue voulait rappeler que la fête de l'indépendance est imminente. Sur les grandes artères, aux carrefours, dans les marchés et jusque sur les façades des immeubles, l'orange, le blanc et le vert s'imposent. Les drapeaux flottent déjà au vent, annonçant les célébrations du 66e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire.

Au fur à mesure mesure que le 7 août approche, Abidjan change de visage. La ville se couvre peu à peu des couleurs nationales, un peu comme si chaque rue voulait rappeler que la fête de l'indépendance est imminente. Sur les grandes artères, aux carrefours, dans les marchés et jusque sur les façades des immeubles, l'orange, le blanc et le vert s'imposent. Les drapeaux flottent déjà au vent, annonçant les célébrations du 66e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire.

A Yopougon Bel-Air, les feux tricolores deviennent le théâtre d'un ballet parfaitement orchestré. A peine le rouge s'allume que des dizaines de vendeurs ambulants surgissent entre les véhicules. Drapeaux à la main, fanions sous le bras, ils interpellent les automobilistes avec une énergie contagieuse. «Prenez un drapeau ! », lance un jeune vendeur à travers une vitre entrouverte. Quelques mots, un billet échangé, un sourire... et déjà le feu repasse au vert. Les voitures redémarrent tandis que les vendeurs regagnent le trottoir, prêts à recommencer quelques secondes plus tard. La scène se répète inlassablement, comme une chorégraphie que seule la proximité de la fête nationale sait mettre en scène.

Dans les marchés, l'effervescence est tout aussi palpable. A Yopougon Kouté, les étals débordent d'articles aux couleurs de la Côte d’Ivoire. Drapeaux de poche, fanions, bracelets, bandeaux, casquettes, tee-shirts, écharpes, autocollants... tout ce qui peut afficher le patriotisme trouve preneur. Les clients se succèdent sans interruption, comparant les modèles avant de repartir les bras chargés. Pour les commerçants, cette période représente une véritable saison des récoltes. Beaucoup réalisent, en quelques jours un bon chiffre d'affaires. « Les Ivoiriens aiment leur pays. Depuis une semaine, les ventes ont vraiment commencé. Il reste encore deux jours avant le 7 août et j'espère vendre le maximum de drapeaux », confie Jean Jaurès, vendeur ambulant à Yopougon. Devant lui, des drapeaux de poche proposés côtoient de grands modèles vendus entre 1 000 et 5 000 FCFA. A peine un client s'éloigne qu'un autre s'approche déjà.

A quelques centaines de mètres, au marché de Yopougon Kouté, Cissé Mariam ne connaît pas un instant de répit. Les mains s'activent, les sacs se remplissent, les billets changent de propriétaire. « Les enfants adorent les petits gadgets. Les parents, eux, achètent surtout des drapeaux et des écharpes pour décorer les voitures ou habiller toute la famille », explique-t-elle sans interrompre son service.

Mais cette ruée vers les couleurs nationales ne se limite pas aux particuliers. Entreprises, associations, établissements scolaires et organisations multiplient également les commandes. Tee-shirts personnalisés, casquettes, banderoles et fanions sont confectionnés en série afin d'habiller employés, élèves ou membres des différentes structures qui prendront part aux festivités.

A Yopougon Keneya, dans un atelier d'impression, les machines tournent presque sans relâche. Les commandes affluent à un rythme soutenu.

« Certaines entreprises commandent plusieurs centaines de tee-shirts avec leur logo. Généralement, jusqu'à la veille de la fête, les machines continuent de tourner », raconte Ezechiel Koffi, imprimeur.

Derrière cette effervescence commerciale se cache aussi un profond attachement au symbole national. Chaque drapeau acheté raconte une part de cette fierté collective qui renaît à l'approche du 7 août. Rencontré à Yopougon Sable, C. L, père de famille, ne déroge pas à la tradition.« Chaque année, j'achète des drapeaux pour mes enfants. C'est une manière de leur transmettre l'amour de leur pays », affirme-t-il. la célébration de l'indépendance, faut-il le noter, est devenue au fil des années, bien plus qu'un rendez-vous patriotique. Elle est aussi un puissant moteur économique pour des centaines de petits commerçants, d'imprimeurs et de vendeurs ambulants qui misent sur cet élan national pour faire prospérer leurs activités. Pendant quelques jours, les couleurs de la Côte d'Ivoire ne flottent pas seulement dans le ciel : elles font vivre tout un écosystème commercial, où le patriotisme se conjugue avec l'espoir d'un meilleur chiffre d'affaires.

Retour à l'accueil