Nigeria : Le pari XXL des 3 700 antennes-relais
Le Nigeria veut en finir avec les zones blanches. A partir d’octobre 2026, le pays prévoit de déployer plus de 3 700 antennes-relais à travers le pays. Objectif : étendre la couverture mobile et connecter plus de 20 millions de Nigérians vivant encore dans des zones mal desservies ou totalement privées de réseau.
Le chantier est piloté dans le cadre du Nigeria Universal Communication Access Project (NUCAP), l’un des programmes phares du gouvernement pour réduire la fracture numérique. Les premières installations doivent démarrer en octobre, après plusieurs mois consacrés à la mobilisation des financements et à la préparation du projet, selon le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Bosun Tijani. Le pari est de taille. Dans les zones rurales, riveraines et isolées, l’accès aux services numériques reste limité. Téléphoner, utiliser les services financiers mobiles, accéder à l’éducation en ligne ou développer une activité commerciale numérique y relève encore parfois du parcours du combattant. Avec ces nouvelles infrastructures, Abuja entend ramener ces territoires dans le radar de l’économie numérique.
Le Nigeria dispose pourtant déjà d’un imposant réseau télécom. Le pays compte environ 40 000 tours et mâts physiques, qui hébergent plus de 145 000 stations de base couvrant les réseaux 2G, 3G, 4G et 5G. La différence entre le nombre de tours et celui des stations s’explique notamment par le partage des infrastructures entre opérateurs. Mais Abuja veut aller plus loin. Le déploiement des 3 700 antennes doit notamment cibler les communautés que les opérateurs privés ont peu d’intérêt économique à desservir. Une manière pour l’État de corriger les déséquilibres territoriaux tout en ouvrant de nouveaux marchés aux services numériques. Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large. En parallèle des antennes-relais, le gouvernement prépare le déploiement d’un réseau national de 90 000 kilomètres de fibre optique dans le cadre de Project BRIDGE. Le chantier doit renforcer le socle numérique du pays et améliorer la qualité des connexions à l’échelle nationale.
Pour l’administration de Bola Tinubu, l’enjeu dépasse largement les télécommunications. Abuja veut faire du numérique un moteur de croissance, d’emplois et d’inclusion économique. Le secteur représente désormais près de 21 % du PIB nigérian, contre 16 à 18 % auparavant, selon Bosun Tijani. Derrière les kilomètres de fibre et les milliers de pylônes se joue donc une bataille économique. Celle de l’accès aux services financiers, au commerce en ligne, à l’éducation et aux nouvelles opportunités offertes par la technologie. Avec, en ligne de mire, l’ambition affichée par le président Tinubu de faire du Nigeria une économie de 1 000 milliards de dollars.