30 Aug 2026
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la Côte d’Ivoire veut faire de la petite mine un levier de formalisation du secteur aurifèreDR

Petite mine : Le pari en or de la Côte d’Ivoire

Face à un phénomène qui continue de résister à la pression des autorités, la Côte d’Ivoire entend miser sur la formalisation de la petite mine. Ce, afin de reprendre reprendre le contrôle même d’une activité devenue un enjeu économique, social et environnemental

Une orientation soutenue par le Groupement des artisans miniers de Côte d’Ivoire (GRAMCI), qui plaide pour une meilleure distinction entre les exploitations autorisées et les réseaux clandestins. Entre 2021 et le premier semestre 2026, plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal ont été évacués à travers le pays, tandis que 4 474 personnes ont été déférées. Les autorités ont également saisi plus de 960 millions de FCFA et environ 136 kg d’or. Des chiffres qui témoignent de l’ampleur du phénomène, mais aussi de la difficulté à l’éradiquer. Car derrière les sites clandestins se trouvent des milliers de personnes pour lesquelles l’extraction aurifère constitue une source de revenus, alimentant un secteur informel capable de se reconstituer rapidement après le passage des forces de l’ordre. Pour le GRAMCI, la réponse doit donc dépasser la seule approche sécuritaire. L’enjeu consiste désormais à offrir aux acteurs nationaux une voie légale pour exercer leur activité. Ces dernières années, le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie a ainsi accéléré la délivrance des autorisations d’exploitation artisanale et semi-industrielle. Plus de 800 titres auraient été accordés au cours des trois dernières années, un niveau supérieur à celui enregistré durant la décennie précédente. Pour les défenseurs de cette stratégie, la formalisation permettrait de transformer une activité largement informelle en véritable filière économique : exploitants identifiés, production traçable, recettes fiscales pour l’État, emplois locaux et contrôle accru des conditions environnementales. L’exemple d’Eburnie Gold Fields, à Koun-Fao, dans l’est du pays, est notamment mis en avant. Selon le GRAMCI, cette exploitation semi-industrielle emploie une vingtaine de salariés permanents et plus de 80 journaliers. Depuis 2022, elle aurait généré quelque 300 millions de FCFA d’impôts et taxes, auxquels s’ajoutent des contributions destinées aux communautés locales ainsi que des dépenses consacrées à la réhabilitation progressive du site. Un modèle que le secteur entend promouvoir alors que l’orpaillage clandestin continue de faire peser une lourde pression sur les terres agricoles, les sols et les ressources en eau. Pour les autorités, l’enjeu est également de mieux contrôler la commercialisation de l’or et de réduire l’espace laissé aux circuits informels. La stratégie passe par la sensibilisation des acteurs locaux, la constitution de coopératives, la formation des exploitants et la diffusion de méthodes d’exploitation plus encadrées. Mais cette approche se heurte à une autre question : faut-il suspendre temporairement les activités minières pour mieux combattre l’orpaillage illégal ? Le GRAMCI s’y oppose, estimant qu’un moratoire général risquerait surtout de pénaliser les opérateurs en règle sans garantir la disparition des réseaux clandestins. Le groupement cite notamment le cas de la région de la Mé, où la suspension d’activités d’opérateurs légaux en avril 2024 n’aurait pas, selon lui, permis d’endiguer durablement l’orpaillage clandestin. Pour Abidjan, le véritable défi est donc de parvenir à faire de la petite mine légale une alternative crédible à l’économie clandestine. Une équation délicate, mais stratégique pour un pays qui cherche à accroître la contribution du secteur minier à son économie tout en limitant les dégâts environnementaux liés à l’exploitation anarchique de ses ressources. Derrière la guerre contre l’orpaillage clandestin se dessine ainsi une bataille plus large. Celle de la formalisation d’un secteur où le gouvernement veut désormais contrôler le minerai, les revenus et les hommes qui le produisent.

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