7 Jul 2026
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En Côte d’Ivoire, le régulateur impute ces retards à un manque global d'information, à des protocoles de collecte défaillants et à une mauvaise perception des cyber-risquesDR

Protection des données en Côte d'Ivoire : la révolution numérique Certinum

En Afrique, et plus particulièrement en Côte d'Ivoire, les institutions publiques déploient de nouveaux efforts pour garantir l'application stricte des cadres législatifs existants par l'ensemble du tissu économique et administratif.

Une décennie après la promulgation de la loi historique de deux mille treize encadrant la protection des données personnelles, le bilan ivoirien met en lumière un fossé persistant entre la règle et la pratique. Malgré l’enregistrement de deux cent dix plaintes citoyennes et la conduite de dix-huit audits de contrôle, l’Autorité de régulation des télécommunications n'a jusqu'à présent infligé aucune pénalité financière aux organisations en infraction.

Face à ce constat, le régulateur a identifié la complexité des démarches administratives comme l'un des principaux freins à la régularisation. C'est pour éliminer cet obstacle majeur qu'a été officiellement lancée la plateforme Certinum, un guichet unique entièrement dématérialisé conçu pour transformer radicalement l'expérience de mise en conformité des administrations et des opérateurs privés. Cet outil moderne ne doit plus être appréhendé comme une simple obligation bureaucratique par les dirigeants, mais plutôt comme un puissant vecteur de compétitivité, de crédibilité commerciale et de confiance pour les usagers et les clients. Accessible directement en ligne, la plateforme centralise de façon sécurisée et traçable le dépôt des requêtes d'autorisation de traitement, l'obtention des certificats officiels ainsi que la régularisation des dispositifs de vidéosurveillance, une transition numérique d'ores et déjà expérimentée avec succès par des structures de premier plan telles que le Trésor public et l’Office national de l’état civil et de l’identification.

Cette innovation technologique s'articule avec un durcissement progressif de l'arsenal réglementaire national, marqué notamment par la définition récente du statut et des critères d'exercice des correspondants à la protection des données, dont la nomination offre aux structures d'utiles dispenses de formalités. Ces réformes interviennent alors que la non-conformité demeure un défi structurel de dimension continentale, les statistiques de la Commission de l’Union africaine révélant qu'environ la moitié des entités manipulant des données en Afrique opèrent en marge de la légalité. Même des marchés d'avant-garde comme le Maroc font face à des taux de résistance élevés de près d'une entreprise sur deux, en dépit d'une politique de répression active cumulant des millions de dollars de sanctions financières.

En Côte d’Ivoire, le régulateur impute ces retards à un manque global d'information, à des protocoles de collecte défaillants et à une mauvaise perception des cyber-risques. Le rappel des règles en vigueur s'avère donc essentiel car la législation ivoirienne impose à toute entité, des jeunes pousses technologiques aux grandes institutions bancaires en passant par les hôpitaux et les ministères, de déclarer ses activités de traitement sous peine de lourdes sanctions. Les sanctions financières prévues par les textes peuvent en effet atteindre dix millions de francs CFA pour une première infraction et s'élever jusqu'à cent millions de francs CFA en cas de récidive, le cadre légal prévoyant même des amendes proportionnelles pouvant représenter cinq pour cent du chiffre d'affaires des entreprises, dans la limite stricte de cinq cents millions de francs CFA.


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