4 Nov 2026
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Les députés sénégalais ont rejeté le projet de loi de finances rectificative 2026 — DR

Rejet du budget rectificatif 2026 : les finances publiques sénégalaises sous pression

Le verdict était attendu. Après deux rejets successifs en commission des Finances, les députés ont...

Le verdict était attendu. Après deux rejets successifs en commission des Finances, les députés ont de nouveau rejeté le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour l’exercice 2026 en séance plénière. Le vote s’est soldé par 109 voix en faveur de son rejet, contre 20 oppositions et trois abstentions, sur 132 parlementaires ayant pris part au scrutin. A l’origine de cette décision, une question préalable portée par le député Amadou Bâ. Son adoption a mis fin à l’examen du projet sans débat sur le fond. Les élus du Pastef, formation dirigée par Ousmane Sonko, contestent notamment la sincérité des prévisions budgétaires et les coupes opérées dans plusieurs programmes sociaux.

Le parti au pouvoir réclame une révision des arbitrages. Il dénonce les réductions de crédits affectant notamment la santé, l’éducation, la formation professionnelle, l'hydraulique, les infrastructures et l'industrie. Pour Ousmane Sonko et ses partisans, les ajustements budgétaires doivent prioritairement porter sur les dépenses jugées non essentielles, tout en préservant l'investissement public. La question du pouvoir d'achat constitue également un point de friction. Le Pastef appelle à une réduction durable du coût de l'énergie et estime que toute baisse des subventions énergétiques doit s'accompagner d'une diminution de la fiscalité sur les produits pétroliers et des coûts de production de l'électricité. L'objectif affiché : éviter une hausse des factures pour les ménages et les entreprises.

Ce rejet intervient dans un contexte de fortes tensions sur les finances publiques. Le gouvernement entendait faire adopter cette loi pour réajuster ses prévisions de recettes et de dépenses face aux nouvelles contraintes économiques. Mais l'échec parlementaire complique davantage la conduite de sa politique budgétaire. Au-delà des divergences techniques, le dossier prend une dimension politique. Le ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, y voit des considérations politiques et estime que le président Bassirou Diomaye Faye devra prendre les mesures nécessaires pour sortir de l'impasse. Quelques jours plus tôt, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mouhamadou Lô avait prévenu que l'exécutif disposait de moyens légaux pour faire face à un éventuel blocage. La suite dépend désormais des options retenues par le gouvernement pour débloquer la situation.



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