10 Aug 2026
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Le Sénégal dispose d’une nouvelle carte économique.DR

Sénégal : Mines et hydrocarbures, la nouvelle machine à milliards

Le sous-sol sénégalais n’a jamais autant pesé dans les comptes du pays. Au premier semestre 2025, le secteur extractif a généré 303,02 milliards de FCFA de revenus, contre 236,59 milliards de FCFA sur la même période en 2024, soit une progression de 66,44 milliards de FCFA et une hausse de 28,08 % en un an, selon le rapport semestriel de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) Sénégal.

Cette accélération traduit le poids croissant des mines, mais aussi l’entrée dans une nouvelle ère avec la montée en puissance des hydrocarbures. Le secteur minier demeure le principal contributeur, avec 224,45 milliards de FCFA de revenus sur les six premiers mois de 2025. Mais l’exploitation pétrolière et gazière commence désormais à changer la donne. Les hydrocarbures ont généré 75,95 milliards de FCFA sur la période, dans le sillage notamment de la montée en production du champ pétrolier de Sangomar et du démarrage du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), exploité à la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie. Près de 18 millions de barils de pétrole ont ainsi été commercialisés à partir de Sangomar, tandis que GTA a enregistré la commercialisation de 666 880 m³ de gaz au premier semestre. Ces performances donnent une nouvelle dimension au secteur extractif sénégalais, longtemps dominé par l’activité minière. Pour les finances publiques, l’enjeu est tout aussi important. Sur les 303,02 milliards de FCFA de revenus extractifs enregistrés, 293,24 milliards de FCFA ont été affectés au budget de l’État, soit 96,77 % du total. A mesure que le Sénégal s’installe parmi les nouveaux producteurs africains de pétrole et de gaz, le secteur extractif devient ainsi un levier de plus en plus stratégique pour l’économie nationale. Mais cette manne soulève également une question centrale : comment transformer l’afflux de revenus tirés des ressources naturelles en investissements durables, en emplois et en retombées concrètes pour les populations ? Avec la montée en puissance simultanée des mines, du pétrole et du gaz, le Sénégal dispose désormais d’une nouvelle carte économique. Reste à savoir comment le gouvernement choisira de la jouer pour éviter que le boom extractif ne se limite à une simple envolée des recettes publiques.


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