24 Feb 2026
ACTUALITÉ
Le constat est amer, mais l'appel à l'action est urgent. Pour protéger ces enfants, plusieurs leviers doivent être activés simultanémentDR

Sud-Kivu : L’enfance brisée sous le poids des carrières de moellons

À Bukavu et dans ses environs, un cri d'alarme s'élève. Dans l'ombre des chantiers de construction, des milliers d'enfants troquent leurs stylos contre des marteaux. Au cœur des carrières de pierre de la province, l'avenir d'une génération s'effrite, une pierre après l'autre, dans un silence assourdissant.

Le décor est le même dans plusieurs localités du Sud-Kivu : des silhouettes frêles, courbées sous des charges écrasantes. Ces enfants, dont certains n'ont jamais franchi le seuil d'une école, passent leurs journées à casser, soulever et transporter des moellons à mains nues.

Exposés à une poussière abrasive qui s'infiltre dans leurs poumons et aux blessures constantes causées par les éclats de roche, ils effectuent un travail de forçat. Derrière ces visages marqués par une fatigue précoce, se lit la tragédie de l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) : une pauvreté endémique et une insécurité persistante qui étranglent les familles.

L'échec d'une législation ignorée

Pourtant, la loi congolaise est claire : le travail des enfants est formellement interdit. Mais entre les textes juridiques et la poussière des carrières, le fossé est immense. Sur le terrain, l'application de la loi est quasi inexistante. Cette impunité laisse prospérer une exploitation silencieuse qui hypothèque l'avenir de la province.

Comme le souligne avec force la chronique de James Mukeshaba, cette réalité est le symptôme d'une urgence sociale ignorée. Le travail des enfants n'est pas un choix, c'est le dernier recours de familles qui n'ont plus les moyens d'assurer la scolarisation de leur progéniture.

L'urgence d'un sursaut collectif

Le constat est amer, mais l'appel à l'action est urgent. Pour protéger ces enfants, plusieurs leviers doivent être activés simultanément notamment le Renforcement de l'accès à l'éducation c'est à dire Rendre la gratuité scolaire effective et accessible dans les zones rurales et périurbaines. une Alternatives économiques en Offrant des solutions de subsistance aux parents pour qu'ils ne dépendent plus de la force de travail de leurs enfants. ainsi que l'Application rigoureuse de la loi : Engager la responsabilité des exploitants de carrières et renforcer les inspections sociales.

Le chiffre noir du secteur


« Aucune pierre ne devrait peser plus lourd que le droit fondamental d’un enfant à apprendre, grandir et rêver. »

Ce cri du cœur ne doit plus rester sans réponse. Les autorités provinciales, la société civile et les partenaires internationaux sont désormais face à leurs responsabilités : transformer ce cri d'alarme en actions concrètes pour que les carrières du Sud-Kivu ne soient plus le tombeau des rêves de la jeunesse congolaise.

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