Mali : Kobada, le nouveau coffre-fort aurifère de Bamako
Le Mali poursuit sa reprise en main du secteur minier. A Kobada, dans la région de Koulikoro, le gouvernement vient de confier officiellement à la Société du patrimoine minier du Mali (SOPAMIM) la gestion des intérêts détenus par l’État et les investisseurs nationaux dans le capital de la société chargée de l’exploitation du gisement aurifère. Adopté le 28 août, le projet de décret porte sur une participation globale de 35 %, dont 30 % pour l’État malien et 5 % réservés aux......
Le Mali poursuit sa reprise en main du secteur minier. A Kobada, dans la région de Koulikoro, le gouvernement vient de confier officiellement à la Société du patrimoine minier du Mali (SOPAMIM) la gestion des intérêts détenus par l’État et les investisseurs nationaux dans le capital de la société chargée de l’exploitation du gisement aurifère. Adopté le 28 août, le projet de décret porte sur une participation globale de 35 %, dont 30 % pour l’État malien et 5 % réservés aux investisseurs nationaux.
Cette décision marque une nouvelle étape dans la stratégie de Bamako visant à accroître sa présence dans les projets miniers et à capter davantage de valeur issue de l’exploitation de ses ressources naturelles. Créée en février dernier, la SOPAMIM devient ainsi le bras patrimonial de l’État dans ce projet aurifère, avec pour mission de gérer et de valoriser cette participation au capital.
Le montage de Kobada s’inscrit directement dans le nouveau cadre minier adopté par le Mali en 2023. Celui-ci prévoit notamment une implication accrue de l’État dans les sociétés minières ainsi qu’une ouverture du capital aux investisseurs maliens. Les autorités ont ainsi engagé des discussions avec Toubani Resources Mali et Mines de Kobada afin de permettre la poursuite du développement du projet conformément aux nouvelles règles.
L’accord conclu à l’issue de ces négociations combine plusieurs leviers : une participation de l’État garantie dans le temps, un investissement au capital de la société minière et une part destinée aux investisseurs nationaux. Pour Bamako, l’enjeu dépasse donc les seules recettes fiscales ou les emplois générés par la future exploitation. Il s’agit désormais de prendre position directement dans la création de valeur minière.
Le projet de Kobada illustre cette nouvelle doctrine. Après l’attribution à Toubani Resources Mali d’un permis d’exploitation d’or et de substances minérales du groupe 2, la société Mines de Kobada a été constituée pour porter l’exploitation du gisement situé dans la région de Koulikoro.
Avec la SOPAMIM aux commandes des intérêts publics et nationaux, Bamako entend professionnaliser la gestion de son portefeuille minier. L’objectif est également de faire émerger une classe d’investisseurs maliens capables de prendre directement part au développement des projets extractifs.
À Kobada, les 35 % désormais placés sous gestion malienne constituent ainsi un symbole fort de la nouvelle politique minière du pays. Après avoir longtemps tiré l’essentiel de ses revenus du secteur à travers les taxes, redevances et autres prélèvements, l’État veut désormais peser davantage sur le capital et la gouvernance des mines.
Pour Bamako, le pari est clair : ne plus seulement extraire l’or du sous-sol malien, mais en récupérer une part plus importante de la valeur créée.